Zika et microcéphalie : risque accru si la contamination intervient au 1er trimestre de grossesse

Par Admin le 21 mars 2016



Une mère infectée par le virus Zika au premier trimestre de sa grossesse a un risque de l'ordre de 1% d'avoir un bébé atteint de microcéphalie, une grave malformation de la tête, soit 50 fois plus qu'en temps normal, selon une étude de l'Institut Pasteur publiée mercredi.

Mercredi, la revue médicale The Lancet a publié la première étude réalisée par l'Institut Pasteur quantifiant le risque pour les femmes enceintes infectées par le virus Zika de mettre au monde un enfant atteint de microcéphalie. Pour réaliser cette étude, l'Institut a analysé les données de l'épidémie de Zika de 2013-2014 en Polynésie française. Les chercheurs en ont conclu que "le risque de microcéphalie est de l'ordre de 1% pour un foetus/nouveau-né dont la mère a été infectée par le virus Zika durant le premier trimestre de sa grossesse".

En 2013-2014, l'épidémie de Zika en Polynésie française avait touché 66% de la population. Les chercheurs ont analysé rétrospectivement tous les cas de microcéphalie survenus sur une période de 23 mois entre septembre 2013 et juillet 2015. Selon leurs calculs, "1% des foetus ou nouveau-nés dont la mère a été infectée au cours du premier trimestre de grossesse sont atteints de microcéphalie, alors que le risque n'est que de 0,02% en temps normal, soit un risque multiplié par 50".

"Ce niveau de risque par femme enceinte infectée est plus faible qu'avec d'autres infections virales associées à des lésions cérébrales durant la grossesse", souligne ce biologiste de Pasteur. Pour la rubéole contractée au premier trimestre de grossesse, le risque de complication grave est de 38% à 100%.

Une infection à grande échelle

Ces résultats restent néanmoins inquiétants, car contrairement à la rubéole qui affecte moins de 10 femmes enceintes par an en France, et contre laquelle il existe un vaccin, la proportion de personnes infectées durant une épidémie de Zika peut dépasser 50% et "cela devient un problème de santé publique", pointe M. Cauchemez.

D'autres études sont nécessaires pour savoir si la présence de signes cliniques de l'infection Zika chez la mère augmente le risque de microcéphalie. Il faut également éclaircir si les formes d'infection Zika sans symptômes posent un risque pour le foetus, a récemment souligné le Dr Eric Rubin de Harvard (Boston, Etats-Unis) dans le New England Journal of Medicine (NEJM).

Une question d'autant plus importante que "la plupart des infections par le virus Zika, généralement bénignes, passent inaperçues" note le Dr Cauchemez. "On pense qu'environ 80% des personnes infectées n'ont pas de symptômes", dit-il en citant une étude du NEJM sur l'Ile de Yap (Pacifique).

L'OMS demande aux femmes enceintes d'être vigilantes

Ces résultats appuient les recommandations de l'OMS aux femmes enceintes de se protéger contre les piqûres de moustiques, particulièrement pendant le premier trimestre de grossesse, selon le professeur Arnaud Fontanet coauteur de l'étude. Les femmes enceintes doivent en outre être protégées contre une possible transmission sexuelle du virus, quelques cas ayant été signalés jusqu'à présent.



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[Source: TF1]

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